Le conseil de prud'hommes de Boulogne-Billancourt a tranché, le 19 novembre 2010 (CPH Boulogne-Billancourt, 19 novembre 2010 n° 09/00316
N° Lexbase : A6710GKQ et n° 09/00343
N° Lexbase : A6712GKS, v.,
Facebook m'a licencié ! - Questions à Maître Grégory Saint Michel, avocat au Barreau de Paris N° Lexbase : N6896BQH). Des propos, tenus sur le réseau social
Facebook, peuvent justifier un licenciement pour faute grave.
Dans cette affaire, deux salariées, Mmes X et Y ont été licenciées à la suite de commentaires parus sur le "mur" d'un troisième salarié, également, licencié. Ce dernier énonçait rejoindre prochainement "
le club des néfastes". A cela, une ancienne salariée de l'entreprise ajoutait, ensuite, notamment, "[...]
il y a tout un rite, tout d'abord vous devez vous foutre de la gueule de votre supérieure hiérarchique, [...]
lui rendre la vie impossible". Mme X et Y ponctuait cette conversation d'un "
bienvenue au club" et "[...]
va falloir respecter ce rite [...]", agrémenté d'un "
hi hi hi". Ces deux salariées se sont vues notifier une mise à pied conservatoire dans l'attente d'une mesure disciplinaire et ont été ensuite licenciées pour faute grave au motif d'un "
dénigrement de l'entreprise" et une "
incitation à la rébellion". Elles ont constaté leur licenciement devant le conseil des prud'hommes. Pour ce dernier, "
l'usage des smiley
et d'onomatopées dans les propos échangés ne peut en rien permettre de les qualifier d'humoristiques". Les salariées ont abusé de leur droit d'expression visé à l'article L. 1121-1 du Code du travail (
N° Lexbase : L0670H9P). Elles ont, également, porté atteinte à l'autorité et à la réputation de leur supérieur hiérarchique et ont nuit à l'image de l'entreprise, leurs propos pouvant être lus par des personnes extérieures à la société. Leur comportement est, ainsi, constitutif d'une faute grave .
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