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par Axel Valard
le 14 Octobre 2025
Sur la messagerie interne au cabinet, leur groupe de discussion avait été affublé du nom « Les RaSSelards »… L’antenne parisienne du prestigieux cabinet d’avocats d’affaires Gide Loyrette Nouel a mis fin, ces derniers jours, aux contrats de quatre élèves stagiaires soupçonnés d’avoir tenu des propos racistes à l’égard d’autres membres de l’entreprise. L’affaire a été révélée par le collectif « Alertes Racisme » sur son compte X (anciennement Twitter), dimanche 5 octobre.
Selon les premiers éléments, les quatre jeunes élèves avocats, issus de prestigieuses écoles, ont eu des comportements totalement inappropriés sur cette messagerie Teams alors qu’ils étaient en poste. « Ils avaient fait plusieurs montages, révèle ainsi le collectif Alertes Racisme. Celui d’un avocat avec la mention ‘esclave’ sur le front » ou encore un autre placardant « le visage d’un autre stagiaire d’origine maghrébine collé sur les tours du World Trade Center » visés par l’attentat du 11 septembre 2001, à New-York (États-Unis).
Diligentée au sein du cabinet Gide, l’enquête interne a permis d’établir que l’un des quatre stagiaires avait également eu un comportement problématique lors de son passage dans un autre cabinet. Lors d’une fête de Noël, il aurait ainsi « offert » à un étudiant d’origine libanaise un montage représentant une obligation de quitter le territoire français (OQTF).
Des mesures prises dans les écoles auxquelles les stagiaires appartiennent.
Présent dans dix villes à travers le monde, le cabinet Gide est l’un des plus grands cabinets d’affaires de la place parisienne disposant de dizaines d’avocats spécialisés. Il a immédiatement réagi après avoir pris connaissance des faits révélés à l’issue d’une enquête interne. « Ces comportements sont incompatibles avec le respect dû à chacun et parfaitement contraires aux valeurs et principes du cabinet et de la profession », a ainsi souligné le cabinet dans un communiqué transmis au média StreetPress qui, le premier, a évoqué cette affaire.
Cela ne devrait pas s’arrêter là. Mis à pied de leurs stages en entreprise, les quatre jeunes élèves avocats sont désormais sous la menace de poursuites disciplinaires au sein des écoles auxquelles ils appartiennent. Telle que l’Edhec Business School, concernée par le cas d’un des mis en cause. « L’EDHEC condamne avec la plus grande fermeté toute forme de propos ou de comportements racistes, indique-t-elle ainsi dans un communiqué. Dans le cas présent, [l’école] a immédiatement pris attache avec le cabinet Gide et a ouvert une enquête administrative interne afin d’établir tous les faits avec rigueur et d’examiner les suites disciplinaires qui s’imposeraient ».
Les autres écoles concernées, l’ESCP et HEC, ont également pris des mesures après la révélation de ces événements. Reste à savoir désormais si une procédure judiciaire sera également enclenchée. Le collectif « Alertes Racisme » assure que l’avocat visé par les insultes racistes au sein du cabinet Gide a déposé une plainte pour dénoncer les faits dont il a été victime. Contacté, le parquet de Paris n’avait pas, à ce stade, répondu à nos sollicitations pour savoir si une enquête a été ouverte.
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