Le Quotidien du 20 mars 2026 : Construction

[Dépêches] Qui est le maitre de l’ouvrage ?

Réf. : Cass. civ. 3, 19 février 2026, n° 24-11.092, F-D N° Lexbase : B4889DPR

Lecture: 1 min

N4033B3R

Citer l'article

Créer un lien vers ce contenu

[Dépêches] Qui est le maitre de l’ouvrage ?. Lire en ligne : https://www.lexbase.fr/article-juridique/132656818-depechesquiestlemaitredelouvrage
Copier

par Sam Bouvier, éditeur juridique

le 19 Mars 2026

Pour la Cour de cassation, la qualité de maître de l'ouvrage est réservée au seul propriétaire de l'ouvrage ou au titulaire d'un droit à construire. Une société exploitant un domaine dont elle n'est pas propriétaire ne peut donc agir en responsabilité décennale des constructeurs pour des désordres affectant les ouvrages édifiés sur ce domaine.


Dans les faits, le propriétaire d'un domaine viticole, y fait construire un cuvier, un stockage de bouteilles et une salle de réception. Après expertise relevant des désordres, la société exploitante du domaine, saisit la justice pour engager la responsabilité des constructeurs.

En appel, les juges reconnaissent la qualité de maître de l'ouvrage à la société, au motif qu'elle jouit du bien. La Cour de cassation casse l'arrêt. Sur le fondement de l'article 1792 du Code civil N° Lexbase : L1920ABQ, elle rappelle que seul le propriétaire de l'ouvrage ou le titulaire d'un droit à construire peuvent revendiquer cette qualité. Ces titres ont en commun de conférer à leur titulaire un droit réel sur les constructions, ce qui justifie qu'il bénéficie de la protection légale correspondante.

Lors de son arrêt, la cour d'appel avait adopté un raisonnement fondé sur un critère économique : c'est bien la société qui supporte en pratique les conséquences des désordres. Mais la Cour de cassation lui oppose un critère strictement juridique : la garantie décennale protège celui qui détient la maîtrise juridique de l'ouvrage, non celui qui en tire simplement profit.

Bien qu'elle ne soit pas nouvelle, cette précision notionnelle rappelle que la garantie décennale est réservée à celui qui détient un titre juridique réel sur l'ouvrage. La jouissance d'un bien, fut-elle durable et économiquement significative, ne saurait y suppléer.

newsid:494033

Cookies juridiques

Considérant en premier lieu que le site requiert le consentement de l'utilisateur pour l'usage des cookies; Considérant en second lieu qu'une navigation sans cookies, c'est comme naviguer sans boussole; Considérant enfin que lesdits cookies n'ont d'autre utilité que l'optimisation de votre expérience en ligne; Par ces motifs, la Cour vous invite à les autoriser pour votre propre confort en ligne.

En savoir plus