Le Quotidien du 10 octobre 2025 : Avocats/Gestion de cabinet

[Questions à...] Les enjeux de l’ouverture du bureau de Paris d’un cabinet international spécialisé - Questions à Thomas Rouhette, avocat associé, Signature Litigation

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[Questions à...] Les enjeux de l’ouverture du bureau de Paris d’un cabinet international spécialisé - Questions à Thomas Rouhette, avocat associé, Signature Litigation. Lire en ligne : https://www.lexbase.fr/article-juridique/124701942-questionsalesenjeuxdelouverturedubureaudeparisduncabinetinternationalspecialisequestio
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le 06 Octobre 2025

Depuis l’ouverture du bureau de Paris le 1er janvier 2019, Signature Litigation Paris est passé de trois associés et six collaborateurs à huit associés et 27 autres avocats, pour un effectif total de plus de 40 personnes, soit un quadruplement en un peu plus de 5 ans. Pour retracer l’avènement de la réussite de cette structure spécialisée en règlement des litiges, Lexbase a interrogé Thomas Rouhette, avocat associé, Signature Litigation et cofondateur du bureau parisien*.


 

Lexbase : Quel était l'objectif lors de la création du bureau parisien de Signature Litigation ?

Thomas Rouhette : L'objectif principal, après près de trente ans de pratique du contentieux en très gros cabinet international, était de pouvoir exercer dans une structure plus légère, plus agile, moins lourde en termes de bureaucratie et surtout de conflits d'intérêts.

J'ai passé d'excellentes années chez Hogan Lovells, qui ont contribué au développement de ma pratique, mais les conflits d'intérêts conduisaient à devoir dire non à un pourcentage de clients beaucoup trop élevé, de mon point de vue.

Donc l'idée était de passer à un stade supérieur de développement de la pratique sans rencontrer les freins associés à ce type de structure.

Lexbase : Quelles ont été les difficultés rencontrées à ce moment ?

Thomas Rouhette : Quand on participe à la fondation d'une nouvelle structure à Paris, les difficultés sont principalement logistiques, à savoir trouver des locaux, des aspects purement matériels et pratiques, même si l’on avait déjà le support, notamment, de la structure anglaise de Signature Litigation, qui s'est occupée d'accompagner cette ouverture.

De ce fait, les associés ont pu se concentrer sur les clients et les dossiers. En outre, les clients nous ont suivis dans leur totalité, ce qui peut s’expliquer par un fort intuitu personae en contentieux.

Finalement, nous n’avons pas rencontré véritablement de difficultés et le mouvement s'est opéré de manière très fluide. Mon seul regret est de ne pas avoir effectué un tel mouvement plus tôt dans ma carrière.

Lexbase : Vous avez récemment renforcé votre présence en arbitrage international et étendu vos activités au contentieux administratif. Pourquoi ces deux domaines précisément ?

Thomas Rouhette : Nous disposons d’une pratique d'arbitrage international depuis 2020. Un second associé nous a rejoints au 1er janvier 2024.

Signature Litigation est un cabinet de règlement des différends au sens large, contentieux et arbitrage. Notre objectif sur la place de Paris, compte tenu notamment de ce que représentent l'arbitrage et la CCI dans la capitale, est d'avoir une pratique complètement équilibrée entre contentieux et arbitrage. Pour y arriver, nous devons encore nous développer en arbitrage et l’arrivée en janvier 2025 d’Amany Chamieh en tant que Counsel dans ce domaine vise à nous rapprocher de cet objectif.

Nous avons par ailleurs recruté fin 2024 Michael Perche comme Counsel en contentieux administratif, une pratique effectivement nouvelle chez nous.

En effet, nos clients sont confrontés sur le marché français à des problématiques croissantes de contentieux devant les juridictions administratives, contentieux des marchés publics, contentieux potentiellement de la domanialité publique, des types de contentieux qui relèvent du droit administratif et de la compétence des juges administratifs.

Cela nous permet d’offrir une offre de services encore plus complète en contentieux à nos clients.

Lexbase : Dans un entretien précédent, vous avez émis des craintes sur le futur de votre profession. Quelles sont-elles exactement ?

Thomas Rouhette : Je pense que l'exercice du contentieux est quelque chose qui se complexifie aujourd'hui, ce qui n’est pas en soi une difficulté. En revanche, est plus problématique la façon dont le développement technologique, qui devrait être un atout, peut remettre en cause une façon d'exercer la profession d'avocat, qui m'a donné envie de rejoindre cette profession et de continuer à l'exercer.

À ce titre, l'intelligence artificielle apporte un support et une aide incontestables. Elle doit pouvoir donner l'occasion de faire peut-être plus vite et mieux en rendant un service plus complet à un client et avec une dimension d’économie certaine.

En revanche, si elle revient à remplacer l'humain et intervenir dans le développement de la stratégie, cela me pose une difficulté. En effet, en matière de contentieux, l'élaboration de la stratégie, sa mise en œuvre, sa réorientation si cela s'impose, nécessitent de l'expérience, de l'échange avec le client. Pour moi, une intelligence artificielle ne pourra jamais remplacer l'humain dans ces domaines-là.

Un autre aspect que l’on peut évoquer est la détérioration des relations avec les magistrats, mais aussi la conflictualisation des relations entre avocats, car beaucoup ont tendance à reporter, au stade de l'échange avec son contradicteur, l'hostilité qui peut préexister entre les clients. C’est une tendance contre laquelle il faut lutter. Le contradicteur n'est pas un adversaire, c'est le conseil de la partie adverse, ce qui est bien différent.

Lexbase : Quelle est la marque de fabrique du cabinet et quelles sont vos spécialités?

Thomas Rouhette : La marque de fabrique du cabinet, c'est la pratique des différents modes de règlement des litiges (contentieux, arbitrage, médiation). C'est une spécialisation exclusive, c'est-à-dire que nous ne faisons pas de transactionnel.

C’est aussi l’implication totale des associés dans les dossiers. Les associés sont aux côtés de leurs équipes et de leurs clients, connaissent les dossiers et s’y plongent en immersion totale.

Nous avons également une autre spécificité, à savoir que nous sommes le seul cabinet sur la place de Paris à intéresser au succès de la firme tous les membres du cabinet, depuis les fonctions supports, les salariés jusqu'aux avocats.

10 % du profit du cabinet est ainsi redistribué à l'ensemble des équipes, ce qui génère un cercle vertueux, à savoir que la réussite individuelle rejaillit sur le collectif, et inversement, ce qui encourage l'entraide et l'esprit d'équipe entre les collaborateurs.

*Propos recueillis par Virginie Natkin, chargée d’affaires grands comptes Avocats et Yann Le Foll, Rédacteur en chef de Lexbase Public

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