Le Quotidien du 7 janvier 2026 : Actualité judiciaire

[A la une] Dix prévenus condamnés à des peines jusqu’à six mois de prison ferme pour le cyberharcèlement de Brigitte Macron

Lecture: 4 min

N3572B3P

Citer l'article

Créer un lien vers ce contenu

[A la une] Dix prévenus condamnés à des peines jusqu’à six mois de prison ferme pour le cyberharcèlement de Brigitte Macron. Lire en ligne : https://www.lexbase.fr/article-juridique/127762906-a-la-une-dix-prevenus-condamnes-a-des-peines-jusqua-six-mois-de-prison-ferme-pour-le-cyberharcelemen
Copier

par Axel Valard

le 06 Janvier 2026

Les propos étaient évidemment « malveillants », « dégradants » et « insultants ». La dixième chambre du tribunal judiciaire de Paris a condamné, lundi 5 janvier, dix personnes âgées de 41 à 65 ans pour avoir cyberharcelé Brigitte Macron, l’épouse du Président de la République, pour avoir posté ou relayé des messages sur les réseaux sociaux faisant état de rumeurs sur son genre, voire son écart d’âge avec le chef de l’État, sous couvert de dénoncer la pédocriminalité.

Dans les faits, huit des dix prévenus ont été condamnés à des peines de prison avec sursis allant de quatre à huit mois. Le neuvième prévenu, absent lors de ce procès très médiatisé qui s’est tenu les 27 et 28 octobre derniers, a, de son côté, écopé de la peine la plus lourde : six mois de prison ferme. Le dernier prévenu a lui été seulement condamné à effectuer, à ses frais, un stage de sensibilisation. Tous devront s’acquitter solidairement d’une amende de 10 000 euros.

Considérés comme les plus influents, c’est-à-dire les plus suivis sur les réseaux sociaux, trois cyberharceleurs avaient été qualifiés « d’instigateurs » par le procureur Hervé Tétier lors de l’audience. L’écrivain Aurélien Poirson-Atlan, connu sous le pseudonyme de Zoé Sagan, a été condamné à huit mois de prison avec sursis. La médium Amandine Roy et le galeriste Bertrand Scholler ont écopé d’une peine de six mois avec sursis. Tous les trois ont, en guise de peine complémentaire, l’interdiction d’utiliser leurs comptes sur les réseaux sociaux pendant une durée de six mois.

Une rumeur persistante en France et aux États-Unis.

Depuis quelques années maintenant, la relation entre Emmanuel Macron, 48 ans, et sa femme Brigitte, 72 ans, fait l’objet de tous les fantasmes et de toutes les dérives. Ils s’étaient rencontrés alors qu’elle enseignait le théâtre dans son lycée. Ces derniers temps, avec l’appui d’une sphère complotiste, plusieurs personnes prétendent que Brigitte Macron serait en fait son frère, Jean-Michel Trogneux, et qu’elle aurait changé de sexe. Diffusée massivement en France mais aussi aux États-Unis, la rumeur a d’abord fait l’objet de l’indifférence de la part du couple présidentiel. Mais la rumeur continuant à enfler, notamment outre-Atlantique, Emmanuel Macron et son épouse se sont décidés à la combattre en justice en France, mais aussi aux États-Unis.

Absente lors du procès et du délibéré, Brigitte Macron avait expliqué, aux enquêteurs, lors d’un dépôt de plainte, fin août 2024, que la rumeur la présentant comme une femme transgenre avait eu « un très fort retentissement » sur son entourage, expliquant que ses petits-enfants entendaient régulièrement dire que « leur grand-mère est en fait un homme ».

« Si je ne montre pas l’exemple, ça va être difficile ».

Dans son jugement, le tribunal a considéré que si l’épouse du chef de l’État n’avait pas fait l’objet d’une expertise permettant de quantifier le préjudice subi, il résultait, notamment des débats à l’audience, que la dégradation de ses conditions de vie était avérée. Lors du procès, sa fille était venue à la barre décrire avec beaucoup d’émotion l’impact des messages diffusés massivement sur toute leur famille.

« Moi, je me bats à longueur de temps. Je veux aider les adolescents à se battre contre le harcèlement. Mais si je ne montre pas l’exemple, ça va être difficile », avait simplement expliqué Brigitte Macron lors d’une interview sur TF1 diffusée dimanche soir, avant que le jugement ne soit rendu.

Son avocat, Jean Enocchi, s’est de son côté félicité des peines prévoyant des stages de sensibilisation et surtout de la suspension des comptes sur les réseaux sociaux. Les dix prévenus condamnés disposent d’un délai de dix jours pour faire appel de la décision.

 

 

newsid:493572

Cookies juridiques

Considérant en premier lieu que le site requiert le consentement de l'utilisateur pour l'usage des cookies; Considérant en second lieu qu'une navigation sans cookies, c'est comme naviguer sans boussole; Considérant enfin que lesdits cookies n'ont d'autre utilité que l'optimisation de votre expérience en ligne; Par ces motifs, la Cour vous invite à les autoriser pour votre propre confort en ligne.

En savoir plus